David Lack (1910-1973) : l’homme qui a redonné vie aux pinsons de Darwin
David Lack avait un talent rare : un regard perçant et passionné pour observer les oiseaux. À 15 ans déjà, il avait identifié plus de 100 espèces différentes. Et avant même d’entrer à l’université, il signait son premier article scientifique.
Spécialiste de l’évolution et ornithologue reconnu dans le monde entier, Lack a marqué l’histoire avec un livre publié en 1947 : Darwin’s Finches (Les pinsons de Darwin). Ce livre a tout changé. Jusque-là, les manuels de biologie ne parlaient même pas des pinsons des Galápagos. Mais grâce à Lack, ces petits oiseaux sont devenus l’exemple incontournable de l’évolution par sélection naturelle.
Le plus étonnant ? Charles Darwin lui-même avait finalement écrit assez peu sur ces pinsons. C’est Lack, un siècle plus tard, qui a mené les recherches décisives et fait entrer ces oiseaux dans la culture scientifique et populaire. En appelant son livre Darwin’s Finches, Lack rendait hommage à Darwin, mais renforçait aussi l’idée trompeuse que la science serait l’œuvre de quelques « grands hommes ». C’est cette vision réductrice qui explique qu’on parle encore de « darwinisme », alors que la théorie de l’évolution a beaucoup évolué depuis.
Alors, est-ce vraiment important de savoir si ce sont Darwin ou Lack qui ont mis en lumière ces oiseaux ? Oui, et pas seulement pour une question d’histoire des sciences. Parce que la théorie de l’évolution est parfois vue comme opposée à la foi chrétienne, l’histoire personnelle des deux hommes change beaucoup de choses. Darwin a connu une perte progressive de sa foi, ce qui a souvent été associé — à tort ou à raison — à sa théorie scientifique. Lack, lui, a suivi un chemin différent : il a commencé sa carrière comme agnostique, mais peu après avoir publié son livre sur les pinsons, il s’est converti au christianisme. Et cette foi retrouvée n’a en rien ralenti ses recherches : il a continué à publier et à travailler jusqu’à quelques semaines avant sa mort.
En somme, David Lack rappelle que science et foi ne sont pas forcément en guerre. Son parcours montre qu’on peut être un chercheur rigoureux tout en gardant — ou en découvrant — la foi chrétienne.

Pinsons de Darwin ou pinsons des Galapagos. Dessin de Darwin, en 1845, tiré de son journal de recherches sur l’histoire naturelle et la géologie des pays visité pendant le voyage du H.M.S. Beagle sous le commandement du capitaine Fitz Roy.
Par John Gould (14.Sep.1804 – 3.Feb.1881) Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1312513



